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Histoire


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Le premier film parlant sud-africain est réalisé en 1930 sur la vie traditionnelle des noires dans les terres Zouloues : ”« Black traditional life »”<ref name=”Botha2012″ />. L’année suivante parait le premier film parlant en langue [[afrikaans]] : ”« [[Sarie Marais (film)|Sarie Marais]] »” réalisé par Joseph Albrecht racontant l’histoire d’une internée dans un [[Camps de concentration britanniques en Afrique du Sud|camp de concentration britannique]] durant la [[seconde guerre des Boers]]<ref name=”Botha2012″ />.
Le premier film parlant sud-africain est réalisé en 1930 sur la vie traditionnelle des noires dans les terres Zouloues : ”« Black traditional life »”<ref name=”Botha2012″ />. L’année suivante parait le premier film parlant en langue [[afrikaans]] : ”« [[Sarie Marais (film)|Sarie Marais]] »” réalisé par Joseph Albrecht racontant l’histoire d’une internée dans un [[Camps de concentration britanniques en Afrique du Sud|camp de concentration britannique]] durant la [[seconde guerre des Boers]]<ref name=”Botha2012″ />.
Durant l’[[apartheid]] (1948-1991), les nationalistes au pouvoir vont privilégier la culture et la représentation afrikaner dans la production et la distribution des films destinés principalement à un public blanc. Si le réalisateur afrikaner [[Jamie Uys]] produit et réalise ”« [[Daar doer in die bosveld]] »”<ref name=”Audebert”/>, un film indépendant, grâce à l’obtention de subventions accordées par des entreprises privées, l’État sud-africain subventionnera, à partir de 1956, à partir d’un système de subventions préférentiel, les productions en afrikaans et/ou celles censées refléter la société sud-africaine sous le gouvernement d’[[Hendrik Verwoerd]]. Ainsi, sur les 60 films réalisés entre [[1956]] et [[1962]], 43 étaient en langue afrikaans, 4 en version bilingue et les 13 restants en anglais<ref name=”Audebert”/>. A partir de 1962, les capitaux afrikaners prennent de l’importance dans l’industrie cinématographique locale, d’autant plus que le public afrikaner est relativement large et très stable, garantissant presque automatiquement à chaque film de langue afrikaans une carrière assez longue dès lors qu’il apporte un divertissement léger et qu’il traite de manière idéaliste la réalité afrikaner et ses préjugés. Ainsi, durant cette période, Jamie Uys, avec sa société de production, mais aussi d’autres réalisateurs comme Emil Nofal, sur un ton plus décalé, réaliseront des comédies, centrés sur des personnages afrikaners sympathiques (”« [[Rip van Wyk]] »”) ou sur l’antagonisme entre les communautés linguistiques anglophones et afrikaans (”« [[Hans en die Rooinek]] »”, ”« [[Lord Oom Piet]] »”, ”« [[King Hendrik]] »”).
Durant l’[[apartheid]] (1948-1991), les nationalistes au pouvoir vont privilégier la culture et la représentation afrikaner dans la production et la distribution des films destinés principalement à un public blanc. Si le réalisateur afrikaner [[Jamie Uys]] produit et réalise ”« [[Daar doer in die bosveld]] »”<ref name=”Audebert”/>, un film indépendant, grâce à l’obtention de subventions accordées par des entreprises privées, l’État sud-africain subventionnera, à partir de 1956, à partir d’un système de subventions préférentiel, les productions en afrikaans et/ou celles censées refléter la société sud-africaine sous le gouvernement d’[[Hendrik Verwoerd]]. Ainsi, sur les 60 films réalisés entre [[1956]] et [[1962]], 43 étaient en langue afrikaans, 4 en version bilingue et les 13 restants en anglais<ref name=”Audebert”/>. A partir de 1962, les capitaux afrikaners prennent de l’importance dans l’industrie cinématographique locale, d’autant plus que le public afrikaner est relativement large et très stable, garantissant presque automatiquement à chaque film de langue afrikaans une carrière assez longue dès lors qu’il apporte un divertissement léger et qu’il traite de manière idéaliste la réalité afrikaner et ses préjugés. Ainsi, durant cette période, Jamie Uys, avec sa société de production, mais aussi d’autres réalisateurs comme Emil Nofal, sur un ton plus décalé, réaliseront des comédies, centrés sur des personnages afrikaners sympathiques (”« [[Rip van Wyk]] »”) ou sur l’antagonisme entre les communautés linguistiques anglophones et afrikaans (”« [[Hans en die Rooinek]] »”, ”« [[Lord Oom Piet]] »”, ”« [[King Hendrik]] »”). Certains de ces auteurs afrikaans, bien installés dans le paysage cinématographique, se permettent de prendre des risques face aux risques de censures en abordant des thématiques plus sensibles comme les valeurs calvinistes confrontées au monde moderne ([[Debbie (film)|Debbie]] de Elmo de Witt, produit par Jamie Uys)
La majorité des films tournés en Afrique du Sud qui sont diffusés à l’étranger sont alors des productions américaines ou des co-productions internationales (”« [[Tant que soufflera la tempête]] »”, ”« [[Zoulou (film)|Zoulou]] »”). Le premier film sud-africain à être entièrement réalisé à l’étranger en 1965 et à faire l’objet d’une distribution à l’internationale, est encore une comédie de Uys (”« [[All the way to Paris]] »”) .
La majorité des films tournés en Afrique du Sud qui sont diffusés à l’étranger sont alors des productions américaines ou des co-productions internationales (”« [[Tant que soufflera la tempête]] »”, ”« [[Zoulou (film)|Zoulou]] »”). Le premier film sud-africain à être entièrement réalisé à l’étranger en 1965 et à faire l’objet d’une distribution à l’internationale, est encore une comédie de Uys (”« [[All the way to Paris]] »”) .
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En [[1969]], le financement, la production et la distribution de films dans le pays se retrouvent aux mains d’une seule grande société, le ”Suid Afrikaanse Teaterbelange Beperk”. Les films en afrikaans se conformant aux valeurs conservatrices bénéficient d’une exploitation suffisante pour être rentables et d’un public fidèle. {{citation|Ce conservatisme idéaliste se caractérise par un attachement au passé, aux idéaux de la “pureté linguistique et raciale” et aux normes religieuses et morales}}<ref>Martin Botha et Samuel Lelièvre, [http://etudesafricaines.revues.org/4689?file=1 Promised Land ou des Afrikaners face à eux-mêmes], Études africaines, 2004, {{p.|444}}</ref>. Ces films, à l’exception de quelques uns, n’ont aucune vocation à intéresser un public étranger et l’éventualité de leur exploitation internationale n’est que rarement envisagée. Toute analyse critique de la culture afrikaner est d’ailleurs soigneusement évitée au profit de la présentation d’un stéréotype populaire univoque de l’Afrikaner (voir les films de Jamie Uys). Outre le film ”« [[Majuba (film)|Majuba]] »” (1968) de David Millin, l’un des premiers films sud-africains à connaitre un certain succès populaire à l’international est (encore) un film de Jamie Uys, intitulé ”« [[Lost in the Desert]] »”, réalisé en deux versions linguistiques.
En [[1969]], le financement, la production et la distribution de films dans le pays se retrouvent aux mains d’une seule grande société, le ”Suid Afrikaanse Teaterbelange Beperk”. Les films en afrikaans se conformant aux valeurs conservatrices bénéficient d’une exploitation suffisante pour être rentables et d’un public fidèle. {{citation|Ce conservatisme idéaliste se caractérise par un attachement au passé, aux idéaux de la “pureté linguistique et raciale” et aux normes religieuses et morales}}<ref>Martin Botha et Samuel Lelièvre, [http://etudesafricaines.revues.org/4689?file=1 Promised Land ou des Afrikaners face à eux-mêmes], Études africaines, 2004, {{p.|444}}</ref>. Ces films, à l’exception de quelques uns, n’ont aucune vocation à intéresser un public étranger et l’éventualité de leur exploitation internationale n’est que rarement envisagée. Toute analyse critique de la culture afrikaner est d’ailleurs soigneusement évitée au profit de la présentation d’un stéréotype populaire univoque de l’Afrikaner (voir les films de Jamie Uys). Outre le film ”« [[Majuba (film)|Majuba]] »” (1968) de David Millin, l’un des premiers films sud-africains à connaitre un certain succès populaire à l’international est (encore) un film de Jamie Uys, intitulé ”« [[Lost in the Desert]] »”, réalisé en deux versions linguistiques.
Une culture cinématographique indépendante, socialement et politiquement contestataire persiste néanmoins comme le témoignent ”« Civilization on trial »”, un documentaire de l’homme d’église Michael Scott (1948), ”« [[Jim Comes to Joburg]] »” (1949) de Donald Swanson avec [[Dolly Rathebe]], ”« [[Song of Africa]] »” d’Emil Nofal <ref name=”Audebert”/>, ”« [[Pleure, ô pays bien-aimé (film, 1952)|Cry, the beloved country]]»” de [[Zoltan Korda]] (1952) ou ”« [[Come Back, Africa|Come back Africa]] »” (1960) de Lionel Rogosin. Ce sont surtout les films de [[Jans Rautenbach]] et d'[[Emil Nofal]] qui sont les premiers à traiter du monde afrikaner dans le contexte d’une Afrique du Sud multiculturelle à l’instar de ”« [[Die Kandidaat]] »” (1968)<ref name=”Botha2012″ />{{,}}<ref>[http://africultures.com/films/?no=3745 Présentation du film ”Die Kandidaat]”</ref>, ”« [[Katrina (film)|Katrina]] »” (1969)<ref>[http://www.africine.org/film/katrina/3746 Présentation de ”Katrina”]</ref> qui décrit la vie d’une famille de [[Coloured]] dont la fille apparait blanche et se fait passer comme blanche aux yeux des tiers, et ”« [[Jannie totsiens]] »”<ref name=”Audebert”>[https://www.lanouvelledimension.fr/cours/afrique-du-sud-mosaique-didentites/ Afrique du Sud, une mosaïque d’identités], Pierre Audebert, La Nouvelle Dimension, 2019</ref>(1970). Mais ce sont aussi des productions étrangères qui témoignent surtout de cette opposition à l'[[apartheid]] à l’instar de ”« [[Une saison blanche et sèche (film)|Une saison blanche et sèche]] »”, film américain d'[[Euzhan Palcy]] (1987) tourné au [[Zimbabwe|Zimbabwé]].
Une culture cinématographique indépendante, socialement et politiquement contestataire persiste comme le témoignent ”« Civilization on trial »”, un documentaire de l’homme d’église Michael Scott (1948), ”« [[Jim Comes to Joburg]] »” (1949) de Donald Swanson avec [[Dolly Rathebe]], ”« [[Song of Africa]] »” d’Emil Nofal <ref name=”Audebert”/>, ”« [[Pleure, ô pays bien-aimé (film, 1952)|Cry, the beloved country]]»” de [[Zoltan Korda]] (1952) ou ”« [[Come Back, Africa|Come back Africa]] »” (1960) de Lionel Rogosin. Ce sont surtout les films de [[Jans Rautenbach]] et d'[[Emil Nofal]] qui sont les premiers à traiter du monde afrikaner dans le contexte d’une Afrique du Sud multiculturelle à l’instar de ”« [[Die Kandidaat]] »” (1968)<ref name=”Botha2012″ />{{,}}<ref>[http://africultures.com/films/?no=3745 Présentation du film ”Die Kandidaat]”</ref>, ”« [[Katrina (film)|Katrina]] »” (1969)<ref>[http://www.africine.org/film/katrina/3746 Présentation de ”Katrina”]</ref> qui décrit la vie d’une famille de [[Coloured]] dont la fille apparait blanche et se fait passer comme blanche aux yeux des tiers, et ”« [[Jannie totsiens]] »”<ref name=”Audebert”>[https://www.lanouvelledimension.fr/cours/afrique-du-sud-mosaique-didentites/ Afrique du Sud, une mosaïque d’identités], Pierre Audebert, La Nouvelle Dimension, 2019</ref>(1970). Mais ce sont aussi des productions étrangères qui témoignent surtout de cette opposition à l'[[apartheid]] à l’instar de ”« [[Une saison blanche et sèche (film)|Une saison blanche et sèche]] »”, film américain d'[[Euzhan Palcy]] (1987) tourné au [[Zimbabwe|Zimbabwé]].
Dans la plupart des films sud-africains produits dans les années 60, les noirs sont peu présents dans les films pour grand public ou assignés à faire de la figuration dans des rôles subalternes (domestiques, employés, policiers, vagabonds). Néanmoins, ”« [[Dingaka]] »” (1965) de Jamie Uys est l’un des premiers films grands publics où des acteurs noirs (Ken Gampu) bénéficient de rôles de premier plan et interagissent avec les acteurs blancs ([[Stanley Baker]], [[Juliet Prowse]], Bob Courtney) bien que leurs personnages correspondent encore à des stéréotypes afrikaners sur les populations de couleurs.
Dans la plupart des films sud-africains produits dans les années 60, les noirs sont peu présents dans les films pour grand public ou assignés à faire de la figuration dans des rôles subalternes (domestiques, employés, policiers, vagabonds). Néanmoins, ”« [[Dingaka]] »” (1965) de Jamie Uys est l’un des premiers films grands publics où des acteurs noirs (Ken Gampu) bénéficient de rôles de premier plan et interagissent avec les acteurs blancs ([[Stanley Baker]], [[Juliet Prowse]], Bob Courtney) bien que leurs personnages correspondent encore à des stéréotypes afrikaners sur les populations de couleurs.